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Le petit dans l’immensité

Le petit dans l’immensité

    La nature, immensité rude et sauvage, du Nord n’a pas de sentiment. Elle ne fait pas de distinction entre « bien et mal ». La nature « est ».

    Ce retrouvé seul dans cette immensité amène l’homme à découvrir et à prendre conscience de l’infime place qu’il occupe. Dans cette immensité, on apprend que le seul contrôle que nous avons est la liberté d’accepter ce qui est à l’instant même où nous le vivons. Tout dépendant de notre perception, cette immensité rude et sauvage porte en elle deux extrêmes ; l’amie et l’ennemie.

    On la perçoit comme amie dans le sens qu’elle nous pousse à nous sortir de notre zone de confort et qu’elle nous aide à grandir psychologiquement. Chaque petit bonheur que j’ai vécu dans ma randonnée pédestre a été pleinement mérité. À la fin de chaque dure journée de marche, la seule chose que j’étais intéressé de faire étais tout simplement de ne rien faire, mais la tente ne se monte pas toute seule, il n’y a pas non plus de pile de bois toute prête pour faire un feu. J’ai marché pendant deux semaines et demie avec une moyenne de dix kilomètres/jour dans l’environnement que vous voyez sur la photo. J’ai pu me faire un feu seulement trois fois. Laissez-moi vous dire que la présence d’un feu et de sa chaleur apporte un autre sens à la vie.

    Dans cette immensité, si tu as besoin ou si tu veux quelque chose, fait l’effort et tu l’auras. Ici rien n’est gratuit, sauf l’extraordinaire amabilité des gens que tu rencontres.

    Dans cette immensité, tu ne décides pas « quand » mais à un moment donné ton cerveau, lui, décide instinctivement de se mettre en mode « survie ».

    Cette immensité de liberté peut très vite devenir une prison si tu es incapable de vivre seul avec toi-même et que tu n’acceptes pas la présence du silence. À part le silence, il n’y a que le bruit de tes pas et le sifflement du vent.

    Dès que tu ressens que tu pousses ta chance pour satisfaire ton égo, tu deviens une proie potentielle et si tu es capturé, tu la maudis. Si tu t’entêtes à ne pas accepter, à vouloir contrôler, tu la maudis.

   Elle devient ton ennemie dès que tu oses prétendre que tu es plus fort qu’elle. Nu t’été du bon conseil de Pierre (Laurent, n’oublie jamais que la nature sera toujours plus forte que toi), à la Pourvoirie Norpaq, elle aurait été en certaines occasions mon ennemie.

    Le Nord est l’un des rares endroits au monde où tes pieds te font avancés ici et maintenant pendant que tes yeux t’apportent la vision du passé et du futur.

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